Autant le dire tout de suite : Maintenant, le livre d'entretiens de Ségolène Royal avec Marie-Françoise Colombani (rédactrice en chef du magazine Elle), ne contient aucune nouveauté programmatique. Sous la forme d'un abécédaire, la candidate affine, et bien souvent répète, ce qu'elle a déjà développé tout au long de ses discours : sur l'éducation, la culture, la politique environnementale ou même l'importance de la Marseillaise... L'ouvrage peut s'avérer très utile pour ceux qui n'avaient pas suivi ses meetings et qui s'interrogent sur tel ou tel point. Mais en réalité, l'intérêt du livre se situe ailleurs. Pour la première fois, Ségolène Royal s'attarde sur des espaces de sa vie jusque-là restés dans l'ombre. Elle aborde notamment ses relations avec François Hollande et surtout, avec le PS.
« E » comme « éléphants »
Exemple. Alors que les rumeurs sur les dissensions au sein du Parti socialiste entre fabiusiens, strauss-kahnien, jospiniens et royalistes alimentent les chroniques politiques, la candidate met les points sur les « i ». Elle explique qu'elle n'a éprouvé aucune culpabilité lorsqu'elle a remporté les primaires du PS : « je crois que, sans cette irruption inattendue, le Parti socialiste se serait livré à une lutte interne beaucoup plus rude. Déjà, là, cela n'a pas été facile de recoller les morceaux, alors vous imaginez… » Comprendre : la candidate veut affirmer que les fameux « morceaux » ont donc bien été « recollés », quoi qu'en disent les mauvaises langues.
Hollande classé à « Première dame »
Toujours à la lettre « C » comme « culpabilité », Ségolène Royal avoue en avoir ressenti lorsqu'elle a été nommée ministre « et pas François ». Elle donne tout au long du livre une image de sa famille comme d'un espace harmonieux : « oui, nous sommes toujours ensemble », assure-t-elle au sujet de son conjoint au chapitre « couple ». Avant de reconnaître, à la lettre « P » comme « première dame » qu'il « aurait fait un excellent candidat si les circonstances avaient été réunies ». Dommage : François Hollande, interviewé ce matin sur France Inter, a confié n'avoir pas encore lu le livre de la candidate. C'est peut-être ce qui explique certains traits d'ironie un peu acides lâchés en direct à l'antenne. Comme lorsque François Hollande a expliqué que Ségolène Royal ne manquerait pas d'organiser un débat participatif pour légiférer sur l'heure d'été... A croire que tout n'est pas aussi rose que ce qu'en dit le petit livre mauve de Ségolène Royal !
Maintenant, Ségolène Royal – Marie-Françoise Colombani, Hachette Littératures, 331pp., 18 euros.