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Pactiser avec le centre sans heurter la gauche du PS. Voilà, en somme, le défi auquel est désormais confrontée Ségolène Royal. Et à en juger par les réactions de certains Fabiusiens, la tâche n'est pas aisée. Le sénateur Jean-Luc Mélenchon a ainsi accusé mercredi Ségolène Royal et son équipe de "jouer avec le feu" en proposant de prendre des ministres UDF dans son gouvernement, rappelant que "Bayrou, c'est la droite". Cette offre d'alliance, "c'est ce que le PS a fait au PC dans les années 70 quand les dirigeants communistes ont rejeté l'union de la gauche", écrit-il sur son blog. "Mais la différence est de taille", a aussitôt ajouté le sénateur socialiste. "Nous socialistes, voulions réellement de l'union, (...) là ce n'est pas le cas", a-t-il poursuivi.
Affirmant que cette offre d'alliance avec l'UDF a été prise non pas par le bureau national du PS, où l'on a parlé "de tout sauf de ce qui est dans toutes les têtes et dans les médias", mais par "je ne sais quel état major secret", Jean-Luc Mélenchon affirme que "cette gymnastique hasardeuse aura bientôt un prix". "Croit-on que les 9 points de l'autre gauche (ndlr : le score du PCF et de l'extrême gauche au premier tour de la présidentielle) nous sont acquis quoi qu'il arrive ?", s'interroge ainsi le sénateur de l'Essonne, se demandant "à quel niveau de diabolisation du vote Sarkozy" il faudra monter "pour faire avaler ce tour de passe-passe". Dans un entretien au Figaro mercredi, accordé avant l'offre faite par Ségolène Royal à l'UDF mardi soir, Jean-Luc Mélenchon avait déjà estimé que "pour la gauche, il n'y a pas de majorité présidentielle possible avec Bayrou".
Pas de négociation avec l'UDF pour Bartolone
Une opinion que partage Claude Bartolone, autre proche de Laurent Fabius. Dimanche, il déclarait déjà que Ségolène Royal devait affirmer sa liberté et ne pas négocier avec l'UDF ou l'extrême-gauche. "Si on devait donner l'impression que nous rentrions dans une grande négociation pour faire plaisir à l'extrême gauche, à l'UDF, Ségolène Royal perdrait de l'originalité qu'elle a installée au cours de cette campagne", a-t-il expliqué. Avant de poursuivre : "je ne crois pas que les mathématiques seront à l'origine du résultat du deuxième tour de l'élection présidentielle".
De son côté, Laurent Fabius faisait valoir dimanche l'idée d'un rassemblement au sein de la gauche, sans évoquer la possibilité d'une alliance avec l'UDF. "J'appelle au rassemblement de la gauche et des écologistes et puis au-delà, de tous ceux qui ne veulent pas d'une politique de brutalité et qui veulent un changement concerté que propose dans son pacte Ségolène Royal", a-t-il ainsi déclaré sur TF1. |