
Pas vraiment une surprise : Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont annoncé samedi qu’ils feraient cause commune avec Marie-Noëlle Lienemann (et donc motion commune au congrès de Reims) pour tenter de fédérer la gauche du PS derrière eux. Les deux compères jouent le duo jeunesse/expérience pour dire leur désarroi devant la situation du PS : “Le spectacle de La Rochelle confirme que le PS est bien malade”, précise Hamon. “Cet été, on a surtout parlé du Dalaï-Lama, et pas beaucoup de ce qui se passe en Amérique latine ou en Géorgie”, raille Hanri Emmanuelli, dans une allusion à Royal.
Le courant Nouveau parti socialiste navigue entre deux options : participer à un rassemblement à vocation majoritaire autour de Martine Aubry et des fabiusiens ou parti seul, pour se compter, et éventuellement négocier au Congrès si les autres motions sont au coude-à-coude.
“Nous n’avons pas peur de nous compter”, assure Benoît Hamon, qui fixe cinq points sur lesquels la discussion devra porter pour envisager un rapprochement avec d’autres (comprendre : l’attelage Moscovici-Aubry-Fabiusiens) : l’Europe, le libre-échange, la fiscalité, les salaires et la stratégie d’union à gauche, vers un parti de toute la gauche.
Mais, autant Hamon reconnaît que la discussion avec les fabiusiens est possible, autant un rapprochement avec les partisans de “DSK” et avec les signataires de la “ligne claire” semble peu probable. S’allier avec les barons locaux (Collomb, Guérini) ?“C’est l’hypothèse la moins probable du congrès”, lâche Hamon. Mais même une discussion avec les strauss-kahniens ne semble pas impossible. “Même si nous ne savons pas très bien ce qu’est le courant strauss-kahnien aujourd’hui”, ironise Hamon en référence aux dissenssions entre Cambadélis et Moscovici.
En tout état de cause, Benoît Hamon tient à faire savoir que la gauche du parti, ce n’est pas rien : pour lui, cette mouvance “régénère le débat de fond dans le parti”, “est la plus à même à parler avec le reste de la gauche” et, surtout, dispose d’une réserve de cadre et de militants dans la jeunesse (MJS et Unef, notamment). Si la gauche du PS présente sa motion, elle espère rassembler entre 15 % et 20 % du parti : de quoi peser dans d’éventuelles négociations.
Mais la gauche du PS peine déjà à se rassembler elle-même : le tandem Hamon-Emmanuelli n’envisage pas pour l’instant de rapprochement avec Jean-Luc Mélanchon, qui a annoncé une motion commune avec le député du Nord, Marc Dolez.