je soutiens moi-meme, misanthrope, pas aigri, vitrollais, de gauche, la vraie, utopiste, emmerdant parfois,
mauvais caractère, mais fidèle en amitié
mon pire ennemi = moi , ma qualité, fidèle en amitié, et j'ai trop de doigts sur une main pour avoir des "amis"
pour me comprendre, il faudrait connaître ma vie.
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Trois condamnés à mort ont été pendus lundi en Iran pour trafic de drogue et attaque à main armée dans la province du Sistan-Balouchistan, dans le sud-est du pays, ont rapporté les médias officiels. |
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12 condamnés a mort ont étés exécutes la semaine dernière pour être présumes coupables d'homosexualité, viol, drogue, sans qu'ils soient assistés lors de leur proces par un avocat, hormis celui du régime iranien a la botte de la religion je déplore qu'en France certains sites comme SPARTAKUS retiennent des documents, vidéos, sous le prétexte de 'droits d'auteur' surtout que je leur ai dis que je désirais participer financièrement, mais non est leur réponse. c'est dégoûtant, il faut informer, et pour informer il faut partager, donner ces infos, ne pas les laisser a je ne sais quelle caste d'individus qui parce qu'ils payent des copyright croient détenir la vérité , surtout en ce qui concerne ce douloureux sujet en iran, la France, l'état français, mais aussi les médias tous confondus sont coupable autant que les bourreaux. en iran des homos meurent, et pour des problèmes bassement matériel une chape de plomb envahit toute la presse, et maintenant internet....................... dernier espace de liberté je croyais naïvement. honte a leurs auteurs, car en plus, leur webmaster n'ayant pas le courage de dialoguer, m'envoie sont porte voix qui n'est autre que son ami...... ce sont des méthodes digne d'un passé révolu. s''apercevant de leur bévue, comme moyens d'attaque, ils choisissent de frapper sur mon orthographe, mon inculture............ écoeurant. jean Bernard
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Attention ! Camarades, vous jouez avec le feu. Quoi ? Des ministres UDF ? Oh j’ai bien entendu la nuance ! Il y a une condition: il y aura des ministres UDF si Bayrou est d’accord avec le pacte présidentiel. Mais je ne suis pas tombé de la dernière pluie. Je comprends que l’alliance est proposée. Si elle ne se fait pas, « on » pourra dire « c’est de leur faute ». Bref, on rejoue le coup de la mise au pied du mur des dirigeants sectaires pour en appeler à la base unitaire. C’est ce que le PS a fait au PC dans les années soixante dix quand les dirigeants communistes ont rejeté l’union de la gauche. Mais la différence est de taille : nous socialistes voulions réellement l’union, nous en avions débattu, oh, combien ! Là ce n’est pas le cas. C’est le contraire ! Nous avons tous, tout le temps depuis 1972, répété sur tous les tons que nous ne voulions pas de cette alliance. Et la semaine dernière nous expliquions encore tous sur tous les tons que "Bayrou c’est la droite !" François Hollande l'a dit dans ces termes, aussi crument. On m’a même chargé d’une cellule d’argumentation sur ce sujet avec les sénateurs socialistes ! Nous avons donc édité un document fait de fiches thématique: 50 pages ! C’était un leurre ? Un rideau de fumée ? Vous me manipuliez ? Vous voulez dire maintenant : « tout ce qu’écrivait le groupe Riposte de Mélenchon n’engageait que lui et ceux qui ont travaillé avec lui » ? Tout ce qu’on dit et répété sur ce sujet tous les camarades dans les meetings n’engageait qu’eux ? Quelle misère !
Je vois bien comment d’heures en heures nous sommes mis devant le fait accompli en nous instillant à dose homéopathique le changement d’alliance. Ce matin c’était dit déjà à la réunion des sénateurs et des députés. C’est si incroyable que plus d’un m’ont dit ne pas avoir entendu quand elle a déclaré, sur le mode de l’évidence, après avoir relu sa déclaration de la veille à propos de Bayrou: « on a toujours fait comme ça et notamment François Mitterrand : ceux qui votent avec nous font partie de la majorité présidentielle ». A l'heure du bureau national la consigne est passée de ne pas donner d'importance au sujet qui n'en aurait pas. Il fallait donc en rester à d'autres thèmes. Drôle de bureau où l'on parle de tout sauf de ce qui est dans toutes les têtes et médias et où de toutes façon on ne décide rien. Belle arnaque car le soir même à Montpellier, je ne sais quel état major secret a, lui, bel et bien décidé de passer une étape de plus en public. Deuxiéme phase : cette fois ci, il s'agit d'un groupe de travail à former avec l'UDF et de ministres UDF dans le gouvernement de la nouvelle majorité. Enfin, aux journalistes sur place, après le meeting, en libre propos, si j’en crois ce que l’une d’entre elle m’a répété, le complément a été donné: « le pacte n’est pas intangible, on peut le discuter ». Quelle journée de dupes! Je n’arrive pas à le croire. Sans doute parce que je ne veux pas le croire. N’empêche : quel incroyable contresens. Car à cette heure, le centre n’existe pas en tant qu’entité politique au niveau imposant du vote pour François Bayrou. Pour l’instant il y a un résultat électoral de François Bayrou. Aujourd’hui, le lien du candidat de l’UDF avec ces électeurs est encore très personnel, contextuel et conjoncturel. La composition politique de son électorat est très contradictoire. Sauf erreur de traitement de notre part, il est instable et c’est un atout pour nous. C’est l’objectif de François Bayrou de fondre tout ceci et de l’homogénéiser dans la durée. Nous sommes en train de l’y aider. Les propositions d’alliance présentées donnent un périmètre et une cohérence à un ensemble qui n’en a pas. Cette gymnastique hasardeuse aura bientôt un prix. Croit-on mobiliser les électeurs de gauche du premier tour de cette façon ? A-t-on oublié ceux qui ont voté Royal en venant de l’autre gauche, communistes (voyez les cartons pleins de Ségolène Royal dans les communes communistes), altermondialistes ou trotskistes, au nom du fameux vote utile ? Pense- t- on les mobiliser avec cette perspective d’avoir des ministres UDF au bout du bulletin de vote ? A quel niveau de diabolisation du vote Sarkozy faudra-il monter pour faire avaler ce tour de passe passe ? Et aussi croit on que les neuf points de l’autre gauche nous sont acquis quoi qu’il arrive et quoique l’on dise et fasse ? A-t-on pris des assurances du côté de Besancenot, de Buffet et de Laguiller pour qu’ils maintiennent leur consigne de vote et se mobilisent pour faire voter Ségolène Royal même avec ses nouveaux bagages accompagnés de l’UDF ?
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Et maintenant il nous reste un espoir de ne pas devoir subir cette luxation politique. Et mille diables, c’est de Bayrou qu’il faut l’attendre. Il dira qu’il n’en veut pas de cette alliance. Ouf ! Merci monsieur Bayrou. Dites non et qu’on parle d’autres choses que de vous pendant ces quinze jours ! Qu’on parle à quelqu’un d’autre qu’à vous. Par exemple aux électeurs venus de gauche qui ont voté pour vous pensant que vous seriez le vote utile pour battre Sarkozy. Ou bien a ceux que vous avez convaincu qu’il fallait se confronter au projet de Nicolas Sarkozy. Et ainsi de suite. Bref on pourrait un peu parler au peuple car c’est lui qui va faire la décision et il le fera sur la base de ses intérêts et pas sur des histoires de coalition chèvre chou. Il le fera a partir de sa compréhension de ce qui est bon pour le pays et pas de ce qui est supposé performant électoralement ! Le temps des cheptels électoraux est révolu ! Allez, zou, camarades s’il vous plait passez à autre chose.
APHORISMES DE CAMPAGNE
On savait que les relations entre Sarkozy et les journalistes étaient faites d’amour et de haine. Mais dans la série des petites phrases de campagne, le candidat Ump a fait fort, comme le rapporte le Canard Enchaîné d’aujourd’hui.
C’était le 27 mars, dans le village des Baux-de-Provence. Nicolas Sarkozy prend son petit-déjeuner dans un hôtel quatre étoiles « luxe » avec une vingtaine de journalistes qui suivent sa campagne. Entre deux tartines, il leur dit : « Avec des amis comme vous, je suis bien, ça fait plaisir d’être avec vous. Si vous avez des questions à poser, posez vos questions, espèces de charognards. »
Après son dérapage à France 3 Nord et au siège de la chaîne à Paris, il faut croire qu’une tartine est mal passée pour que Nicolas Sarkozy en vienne encore à « péter les plombs » avec les journalistes. Pardon, avec les « charognards. » A s’entendre traités ainsi, ces derniers ont du également avalé leur café de travers…
Il est vrai que parfois il n’y a qu’un pas pour faire les poubelles au lieu d’enquêter. Mais dans le fond, que serait Nicolas Sarkozy sans ces « charognards » ?
DÉBAT SUR LE WEB: LATELELIBRE.FR PROPOSE SES LOCAUX
Hier, François Bayrou a lancé l’idée d’un débat réunissant les quatre principaux candidats sur le Web. Jean-Marie Le Pen et Ségolène Royal se sont déclarés favorables, Nicolas Sarkozy, quant à lui refuse pour l’instant d’y participer. Mais peut-être qu’un peu de pression pourrait le faire revenir sur sa décision…
La rédaction de LaTeleLibre.fr a décidé de se joindre à l’appel lancé par Marianne2007.info, tout comme Rmcinfo.fr, 20minutes.fr, Nouvelobs.com, agoravox.com pour ne citer que les sites les plus importants. Nous sommes prêts à contribuer à l’organisation d’un événement en apportant notre savoir-faire et nos locaux pour ce débat nécessaire à la démocratie.
Nous mettons à la disposition de la communauté du web notre équipe, un studio, des caméras, une régie, des loges individuelles, et même un bar pour la convivialité…
Nouveau paradoxe de la campagne, la Mitterrandie perd l'un de ses soutiens historiques, en la personne de Roger Hanin, beau-frère du président François Mitterrand, qui a confirmé mardi son intention de voter Nicolas Sarkozy au second tour.
"Je l'ai rencontré à plusieurs reprises. C'est un homme qui m'a levé, il m'a séduit, il est sincère", a déclaré le comédien sur Europe 1.na
avec le mouvement
pour la république sociale, vendredi nous tenons une première réunion pour voir si nous ne pouvons pas faire quelque chose de "plus sérieux et moins glamour' que sego
nous tenons une première réunion a aix en provence avec tous les anciens de la gauche socialiste.
amitiés fraternelles.
15 novembre 2006
A la veille du vote des militants socialistes, Laurent Fabius est l’invité de France Inter.
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Nicolas DEMORAND
Bienvenue dans ce troisième et dernier Inter’Activ spécial, vous le savez, France-Inter vous donne la possibilité depuis lundi de participer à la primaire socialiste. L’ordre de passage des trois candidats a été tiré au sort, lundi c’était Ségolène ROYAL, hier Dominique STRAUSS-KAHN et aujourd’hui c’est Laurent FABIUS qui est au micro de France-Inter pour que vous puissiez dialoguer avec lui. Questions, analyses, critiques, au 01.45.24.70.00, bonjour Laurent FABIUS !
Laurent FABIUS
Bonjour !
Nicolas DEMORAND
C’est Bernard qui ouvre le bal, Bernard au standard de France-Inter, bonjour à vous, nous vous écoutons.
Bernard
Oui, bonjour, bonjour Monsieur FABIUS, je vous pose ma question à titre de salarié du secteur privé. Partant du principe que pour avoir des emplois, il faut des employeurs, quelles sont les propositions du programme socialiste qui vont motiver les entreprises à maintenir et développer des emplois en France.
Laurent FABIUS
Merci de votre question, réponse, d’abord, il y a des encouragements à donner aux entreprises, dans deux ou trois secteurs qui sont massifs, encouragement à l’investissement, nous faciliterons l’investissement du point de vue fiscal. Encouragement en matière de recherche et d’innovation, parce que c’est quand même l’un des points où les entreprises sont les plus défaillantes. Et là aussi il y a des mécanismes de détaxation que nous prévoyons et puis encouragement en matière de formation, parce que c’est la clé. Bon, ça c’est la partie encouragement. Et puis il y a la partie dissuasion d’aller ailleurs si je puis dire. Là, il y a des mécanismes à mettre en place au niveau européen pour que l’Europe soit quand même davantage protégée qu’elle ne l’est du reste du monde et puis il y a des mécanismes au niveau français pour faire en sorte que les entreprises se délocalisent soient obligées, si elles se délocalisent de payer les charges que cela représente. Donc vous voyez, à la fois offensifs et défensifs. Il faut changer par rapport à la situation actuelle, je ne sais pas si vous avez vu Bernard, les derniers chiffres qui concernent la France, où pour la première fois depuis 1994, nous serons en croissance cette année, en dessous de l’Allemagne, ce n’est jamais arrivé. Ce qui veut dire qu’on a un vrai problème de compétitivité et pour ça, il faut changer la donne par rapport à ce qui existe aujourd’hui.
Nicolas DEMORAND
Suite du dialogue entre Laurent FABIUS et les auditeurs de France-Inter, Pierre-Alain nous appelle de Paris, bonjour à vous, bienvenu à l’antenne.
Pierre-Alain
Oui, bonjour, Pierre-Alain WEIL, Laurent une question, ce matin on avait donc confirmation que le texte BOLKESTEIN avait été revu, corrigé dans des conditions qui laissent penser que le non français a certainement aidé et pesé et que les socialistes européens et d’autres ont réussi en fait une renégociation de ce texte. Et je voulais savoir si ce n’était pas un encouragement et la preuve d’un espoir sur ce que l’on pourra faire sur le texte de la Constitution.
Laurent FABIUS
Merci, je crois que tous les observateurs honnêtes, reconnaissent que si, la fameuse directive BOLKESTEIN a été modifiée, c’est en particulier parce qu’il y a eu la pression de ces non. Mais, mais, j’ajoute que d’après les informations que nous ont données nos collègues du Parlement européen, la pression n’est pas suffisante et il y a encore pas mal de choses qui doivent être modifiées. Parce que cette directive reste quand même sur beaucoup de points dangereuse. J’en profite pour dire que cela ne s’arrête pas à BOLKESTEIN, mais la Commission de Bruxelles vient de nous sortir la semaine dernière, un projet de directive sur la POSTE qui est absolument scandaleux et qui s’appliquerait au 1er janvier 2009. Et je tiens à dire que si je suis investi et élu président de la République, je me refuserai à entrer dans cette ligne qui va fiche en l’air complètement, l’activité postale, la desserte postale en France. Donc je crois que le non, au total a été utile, mais il faut maintenant le transformer si je puis dire en quelque chose de positif. Renégocier une constitution, aller vers une harmonisation fiscale et sociale, changer les mécanismes d’intervention de la banque centrale, toutes choses qui étaient déjà présentes dans la campagne pour le non.
Nicolas DEMORAND
Christophe nous appelle de la Roche-sur-Yon, bonjour à vous, bienvenue sur France-Inter.
Christophe
Oui, bonjour à vous, Monsieur DEMORAND, Monsieur FABIUS.
Laurent FABIUS
Bonjour Christophe !
Nicolas DEMORAND
Je voulais vous dire, vous critiquez Ségolène ROYAL, parce que dites, vous, elle s’écarte du projet socialiste qui a été voté par les militants. Mais je voudrais vous faire remarquer poliment, que vous, vous êtes, vous-même écarté du vote des militants qui avaient appelé à voter oui à la constitution européenne.
Laurent FABIUS
Voilà la remarque de Christophe, Laurent FABIUS.
Nicolas DEMORAND
Oui, cette remarque m’est parfois faite et merci de la poser, cela va me permettre de répondre. En ce qui concerne le projet socialiste, je pense que les choses sont assez claires, ce projet a été délibéré pendant des mois et des mois. Il a été adopté à la quasi-unanimité par les socialistes. Il répond à ce qui est nécessaire pour rassembler la gauche, donc pour battre la droite. Et donc je pense que quand on est un candidat socialiste, il faut, ou alors il fallait dire avant qu’on était en désaccord, ça c’était possible. Il faut appliquer ce projet, non pas comme une Bible, mais tout de même ne pas être en contradiction totale avec ce projet. Or pour ne prendre qu’un exemple récent, je parle de l’Education, lorsque, Ségolène, puisque vous parlez de Ségolène ROYAL, dit, qu’il va falloir mettre en cause la carte scolaire, que les professeurs vont devoir, sous-entendu, parce qu’ils ne travaillent pas assez, doubler leur temps de présence au collège lorsque ceci...Alors là, on est complètement octogonal par rapport aux projets de société, ce sont des positions que l’on peut prendre, mais il faut les prendre avant bien. Bon, alors en ce qui concerne le référendum européen, je suis de ceux qui pensent, je ne suis pas le seul d’ailleurs, Lionel JOSPIN et beaucoup d’autres l’ont pensé, que ce n’était pas une bonne chose, plusieurs mois avant, ce référendum devant les Français, que d’organiser une espèce de référendum hors sol, dans le Parti socialiste. Parce que je pense que cela a divisé inutilement le Parti socialiste. Bien, j’ai fait valoir mes positions, ensuite le Parti socialiste, c’est vrai, majoritairement a tranché. Mais en même temps, je me suis exprimé devant les Français et la vraie question, puisque la majorité de la gauche, la majorité des socialistes et la majorité des Français ont voté comme ils l’ont fait, c’est-à-dire non au référendum, est-ce que ce n’est pas le Parti socialiste collectivement qui a commis quand même une certaine erreur ? Donc voilà, c’est derrière nous, il reste que, je pense que maintenant sur le projet socialiste, moi je suis candidat du projet socialiste. Si on n’est pas d’accord avec le projet socialiste, il ne faut pas voter pour moi. Mais à ce moment là, je pense que la gauche ne sera pas rassemblée et que Monsieur SARKOZY gagnera. D’ailleurs tout à l’heure Monsieur ASTAGNEAU citait les déclarations de Monsieur SARKOZY, je ne suis pas quelqu’un de violent, pas du tout. Donc sur ce point, je ne suis pas d’accord avec SARKOZY lorsqu’il fait l’analyse de ma candidature. Mais là, où il a raison, c’est qu’effectivement pour lui, cette candidature présenterait un vrai risque.
Nicolas DEMORAND
Serge nous appelle des Yvelines, bonjour à vous, vous êtes le bienvenu sur France-Inter.
Serge
Merci, bonjour Monsieur FABIUS... ma question est la suivante : les Français vivent de plus en plus mal, compte tenu, entre autres, du prix des carburants qui ne cesse de... même si aujourd’hui le baril baisse, les carburants baissent très peu. Qu’est-ce que vous allez faire en matière énergétique, de façon, si vous voulez, je dirais à ce que cela fasse partie des Français qui vivent un petit peu mieux en payant les carburants beaucoup moins chers ?
Nicolas DEMORAND
Laurent FABIUS vous répond Serge.
Laurent FABIUS
Je ne veux pas vous donner de fausses illusions, je crains que le prix du pétrole continue d’augmenter et donc, cela risque d’être de plus en plus cher à la pompe, ça je crois qu’il faut être honnête. Simplement, il ne faudrait pas que l’Etat au passage ou le gouvernement en tire profit. Et donc, moi j’avais installé, je ne sais pas si vous vous rappelez, le système de la TIPP, dite flottante. C’est-à-dire que quand il y avait une hausse du prix du carburant, au moins y avait-il une descente de la TVA pour que le gouvernement ne s’en mette pas dans la poche. Bon, la droite a supprimé cela, je le rétablirai, parce que, je pense, que même, si on ne peut pas empêcher la hausse dans la mesure où il y a une hausse du pétrole - il faut au moins que le gouvernement n’en profite pas, ça c’est un point. Le deuxième point c’est que nous devons avoir une politique beaucoup, beaucoup, beaucoup plus forte d’économie d’énergie et de diversification énergique. Nous sommes très très faibles en France dans ce domaine, si on compare avec d’autres pays et moi je compte mettre l’accent là-dessus, en particulier dès mon installation en demandant au Parlement de voter une loi programme sur, justement l’énergie qui comportera des objectifs chiffrés sur cinq années en matière de diversification énergétique, en matière de transports publics et en matière d’économie d’énergie.
Nicolas DEMORAND
Mustapha nous appelle de Valenciennes, bonjour à vous, bienvenue sur France-Inter.
Mustapha
Oui, bonjour Monsieur DEMORAND, bonjour Monsieur FABIUS...Alors ma question concerne les régimes spéciaux de retraite. Alors est-il acceptable qu’une partie de salariés cotisent beaucoup moins d’années pour obtenir la même retraite qu’une personne ayant cotisé plus de 40 ans ?
Laurent FABIUS
Bonjour Monsieur Mustapha. Alors réponse précise, c’est la question dite des régimes spéciaux qui comportent d’ailleurs des régimes très différents. Par exemple cela concerne par exemple les cheminots que les personnes de l’Opéra de Paris, donc c’est très très divers. Alors ces régimes sont en général très anciens, les gens qui sont entrés dans la profession sont entrés sur la base d’un certain contrat. C’est-à-dire que, il y avait des inconvénients, il y avait des avantages. Il va falloir renégocier les choses, je le dis clairement, c’est-à-dire qu’il y a une renégociation de l’ensemble qui portera à la fois sur les pensions du régime général, parce que ce régime général n’est pas du tout équilibré et puis il y a les vraies injustices. Et puis aussi sur les régimes spéciaux, simplement cette négociation devra faire l’objet de contreparties, on ne peut pas admettre, je crois que c’est la position de Monsieur SARKOZY et de Monsieur FILLON, de dire, écoutez, voilà, tout le monde peut être passé à la moulinette ! Parce qu’il y a, comme vous l’avez souligné vous-même, une grande diversité aussi de situation, en particulier dans la pénibilité des métiers. Donc je vous réponds, les régimes spéciaux feront partie de la négociation, mais il faudra d’une part, que le financement soit trouvé et ne pèse pas uniquement sur les salaires, comme c’est le cas aujourd’hui. Deuxièmement qu’il y ait des minimums de retraite, sinon, on va s’apercevoir que de plus en plus avec le régime posé par la droite, il y a beaucoup de personnes et en particulier des femmes qui n’arriveront pas à vivre. Et troisièmement, on tiendra compte de la pénibilité des métiers et évidemment aussi de la négociation sur la base de laquelle ces personnes sont entrées dans ces régimes.
Nicolas DEMORAND
Patrick nous appelle de Paris, bonjour à vous Patrick.
Patrick
Bonjour à vous, bonjour Monsieur FABIUS !
Laurent FABIUS
Bonjour Patrick !
Patrick
Je voudrais savoir, pourquoi vous chargez souvent Madame Ségolène ROYAL en lui reprochant son manque d’expérience politique en haut de l’Etat, alors que j’ai bons souvenir quand même - votre présence depuis trente ans dans la vie politique française n’a pas laissé que de bons souvenirs, il y a même eu une période scandaleuse, je parle surtout de votre gestion désastreuse, du grave problème du sang contaminé il y a quelques années.
Nicolas DEMORAND
Laurent FABIUS vous répond.
Laurent FABIUS
Merci de votre question objective. D’abord, je ne charge pas, pour reprendre votre terme, tel ou tel autre candidat, parce que ce n’est pas mon style. Simplement, nous avons eu des débats télévisés, peut-être les avez vous vus, où un certain nombre de questions ont été posées et on y a répondu. Parce que, être président de la République c’est une charge quand même immense, c’est très difficile. Je vais vous prendre un exemple qui vous aura peut-être frappé, sur la façon d’aborder les questions de l’Iran et le nucléaire, qui n’est quand même pas un petit détail, qui menace, qui peut menacer la paix du monde. J’ai fait part de mon expérience, comme vous dites, ce n’est pas un handicap, à condition qu’on en tire les leçons et j’ai eu l’impression que ma compétitrice sur ce point, je n’ai pas été le seul à avoir cette impression, faisait preuve d’un certain flottement. Or ce sont des matières où il vaut mieux ne pas flotter. Maintenant, puisque vous avez la délicatesse et après tout c’est votre droit, d’aborder la question dite du sang contaminé, je vais vous répondre très clairement. C’est un drame qui effectivement remonte à plus de 20 ans, j’en parle et j’en ai parlé peu souvent, parce que la souffrance que j’ai connue moi-même pendant dix ans de ma vie, n’a évidemment rien à voir avec la souffrance des personnes qui ont été touchées et auxquelles je n’ai jamais cessé de penser. La Justice a été très longue à se prononcer, finalement, elle s’est prononcée, et elle a reconnu, Monsieur, elle a reconnu Monsieur, non seulement mon innocence totale, mais le fait que j’avais été l’un des plus rapides chef du gouvernement à agir à travers le monde et que cela avait épargné de nombreuses vies. Voilà ce que je veux vous dire, et j’en tire une conséquence, si vous le voulez bien. C’est que parmi tous ceux et toutes celles qui pourraient se présenter à la candidature suprême, en tout cas, s’il y a une personne, c’est la leçon du malheur, qui aura l’expérience qu’il faut, si jamais un drame sanitaire devait se représenter, je serais parmi ces personnes, vous le comprenez. Simplement je souhaiterais que la campagne présidentielle, si je suis candidat se développe sur la réalité des positions, la réalité des faits, la réalité des projets et non pas sur des accusations.
Nicolas DEMORAND
Suite de l’interview de Laurent FABIUS par les auditeurs et les auditrices de France Inter, Béatrice nous appelle de Toulouse, bonjour à vous, bienvenue à l’antenne.
Béatrice
Oui, bonjour à tous, bonjour Monsieur FABIUS.
Laurent FABIUS
Bonjour Béatrice !
Béatrice
Monsieur FABIUS, si vous êtes élu par le PS pour conduire les élections présidentielles de 2007, comment comptez-vous rassembler une majorité de Français face à Monsieur SARKOZY avec un discours que vous avez volontaire gauchisé ?
Laurent FABIUS
Je vous réponds, je suis à gauche, non pas gauchisant, mais à gauche et je vais vous faire une confession supplémentaire, depuis toujours mes valeurs n’ont pas changé - je suis depuis plus de 30 ans membre du Parti socialiste, je crois, comme au premier jour à la laïcité à l’égalité, à la solidarité, à la liberté, à la responsabilité. Mais sur certains points, oui, j’ai évolué, tout simplement parce que le monde a évolué et que j’ai tiré les leçons de l’expérience. Si je vous avais parlé il y a dix ans des délocalisations, vous m’auriez dit ; qu’est-ce que c’est que ça ? Mais aujourd’hui il faut quand même que le président de la République s’en préoccupe. Même chose en matière européenne et même chose dans d’autres domaines. Alors vous me posez la question de Monsieur SARKOZY, oui, oui, oui, je veux l’affronter, parce que je me sens capable de le battre. Et si j’ai à l’affronter, parce que les socialistes en auront décidé ainsi, je peux vous dire déjà les thèmes de la campagne. Monsieur SARKOZY est un homme qui est un libéral en économie, un petit peu avant que j’intervienne il y avait Monsieur SOROS qui vous a expliqué, m’a t-on dit, qu’il fallait laisser faire les capitalistes, que l’Etat c’était quelque chose qu’il fallait détruire et que comme cela marcherait mieux, eh bien moi, ce n’est pas ma conception, même si c’est la conception de Monsieur SOROS et de son ami Monsieur SARKOZY. Moi je crois à la solidarité, je suis socialiste en économie. Sur le plan de la société, Monsieur SARKOZY est un communautariste, c’est-à-dire qu’il pense comme les Américains qu’il faut mettre les communautés, ethniques, religieuses, etc, les unes à côté des autres. Moi je suis un républicain laïque et ça j’en parlerai et puis, Monsieur SARKOZY est un homme qui trouve une partie de son inspiration, dans je dirais la philosophie bushiste de Monsieur George BUSH. Moi je suis un Européen convaincu, un internationaliste et je défendrai les intérêts de la France. Et croyez-moi, si les socialistes décident que c’est moi leur candidat, eh bien j’ai envie de le battre et je le ferai !
Nicolas DEMORAND
Au standard de France-Inter, Monica nous appelle de Paris, bonjour à vous, bienvenue sur Inter.
Monica
Bonjour, je suis une nouvelle adhérente, Laurent FABIUS vous n’êtes pas mon candidat, mais bien entendu si vous êtes désigné demain par les socialistes, je voterai pour vous dès le premier tour des présidentielles.
Laurent FABIUS
Merci !
Monica
Je suis allée au Zénith, le hasard a voulu que je me retrouve au milieu d’un groupe de vos supporters qui ont abondamment hué et sifflé Ségolène ROYAL. Et quand je leur ai demandé, si malgré tout, ils voteraient pour elle au premier tour des présidentielles si elle était désignée ? Ils étaient très très hésitants, ce que j’ai trouvé, moi, plutôt irresponsable. Donc ma question est, si Ségolène ROYAL est investie par les militants, appellerez-vous votre courant, vos partisans à voter pour elle dès le premier tour des présidentielles ?
Nicolas DEMORAND
Laurent FABIUS vous répond Monica.
Laurent FABIUS
Merci d’abord de votre récit, un peu particulier du Zénith. Je n’ai pas le sentiment, moi j’étais sur la scène, donc je ne suis pas le meilleur juge, mais enfin d’après les témoignages que j’ai entendus de la part d’observateurs et de journalistes - je n’ai pas le sentiment que cela se soit passé exactement comme vous le dites bien. Cela dit, vous me posez une question précise, je vais y répondre, de la même façon que si je suis investi par les socialistes, vous-même et mes compétiteurs appelleront à voter pour moi. De la même façon, à partir du moment, que ce soit Dominique STRAUSS-KAHN ou Ségolène ROYAL qui seraient désignés, eh bien j’appellerai bien sûr à voter pour eux, donc il n’y a aucun problème. Mais, mais, mais, parce que je veux quand même ajouter des choses, le problème n’est pas simplement que les uns et les autres appellent à voter pour celui qui sera désigné - le problème, chère nouvelle camarade, c’est de gagner. Vous n’étiez pas encore membre du Parti socialiste, mais déjà vous suiviez les choses, en 2002, nous avons eu 12 % des voix des ouvriers, il faut aller les chercher les voix des ouvriers. Est-ce qu’on va aller les chercher en leur disant, oh eh bien non, la hausse du SMIC ce n’est pas pour maintenant ! Les enseignants, nous avons eu moins de 20 % des enseignants, est-ce qu’on va aller récupérer cet électorat en leur disant, vous êtes des fainéants et puis par ailleurs quand vous ferez le cours, au fond de la classe il y aura un judoka ou un vigile qui s’occupera de ça. Et puis, attention, la carte scolaire, il faut quand même la changer. Non, çà c’est la thèse que développent d’autres, là, je ne parle pas de la gauche simplement sur la carte scolaire, je parlais de Monsieur SARKOZY. Mais il faut aller les chercher les électeurs et les électrices ! Si on trouve, pour reprendre la phrase de Paul VALERY, si on continue à garder cette inimitable saveur que l’on ne goûte qu’à soi-même, eh bien on se retrouvera entre soi. Et moi, chers camarades je sais que je peux rassembler la gauche, parce que toutes les mobilisations populaires, de 2003, de 2004, de 2005, de 2006, j’étais là et elles se sont faites sur des thèmes que je défends et c’est comme ça que l’on gagnera !
Nicolas DEMORAND
François nous appelle de Chartres, bonjour à vous François.
François
Oui, bonjour, bonjour France-Inter, bonjour Monsieur le Premier ministre.
Laurent FABIUS
Bonjour !
François
Alors moi je ne suis pas adhérent, mais je vous souhaite tout de même un bon courage pour les semaines qui viennent.
Laurent FABIUS
Merci !
François
Lundi soir dans l’émission “Le franc parler”, Emmanuel TODD que vous connaissez sûrement a déclaré que le PS pouvait très bien gagner la présidentielle de 2007 et dans la foulée il a ajouté que Ségolène ROYAL pouvait faire échouer le PS et la gauche, car elle est, c’est son mot “une candidate et une candidature absurdes qui n’est pas socialiste et peut-être même pas de gauche”, j’aimerais savoir ce que vous pensez de ces affirmations ? Merciet bon courage.
Laurent FABIUS
Je ne vais pas rentrer bien sûr dans la polémique et les trois candidats qui sont soumis au suffrage...sont socialistes, donc ça c’est clair. Mais je pense qu’il faut faire une analyse politique, que j’ai commencé de faire, il y a de cela quelques minutes à ce micro. Si on veut gagner, battre la droite et l’extrême droite, il faut rassembler toute la gauche, les socialistes... D’abord il faut rassembler tous les socialistes et rassembler toute la gauche et il n’y a pas que des socialistes à gauche, il y a des communistes, il y a des chevènementistes, il y a des radiaux, il y a des verts, et puis il y a beaucoup, beaucoup de personnes qui n’appartiennent à aucun parti, bon. Et ces personnes là, vous ne pouvez les rassembler que sur des options réellement de gauche. Si donc, tel candidat socialiste supposé développe ou développait des propositions qui ne sont pas du tout en phase avec ces personnes, il n’y a aucune chance de les rassembler.
Nicolas DEMORAND
Question rapide de Jean-Jacques qui nous appelle de Bruxelles, bonjour à vous Jean-Jacques.
Jean-Jacques
Oui, bonjour France-Inter, bonjour Monsieur FABIUS.
Laurent FABIUS
Bonjour Jean-Jacques !
Jean-Jacques
Je voudrais vous poser une question très simple, très courte : au cas où vous ne seriez pas désigné comme le candidat officiel au Parti socialiste, envisageriez-vous, malgré tout de maintenir votre candidature ?
Laurent FABIUS
Question précise, réponse précise, non ! Non pas, plus que je n’imagine que mes autres compétiteurs n’envisageraient de maintenir leur candidature, non, non.
Nicolas DEMORAND
Eh bien c’est sur ce non que se termine ce troisième Inter’Activ spécial que vous proposait France-Inter, merci Laurent FABIUS d’y avoir participé. Et pour boucler notre couverture de ces primaires socialistes, vendredi c’est François HOLLANDE qui sera l’invité de France-Inter.
La compagne du premier secrétaire du PS caracole toujours en tête des sondages. Elle semble assurée de creuser un écart important au premier tour des primaires, mais peut-être pas suffisant pour obtenir la majorité absolue et faire l'économie d'un second tour, le 23 novembre. Dans l'entourage de Mme Royal – cité par Le Parisien –, on pronostique 53 à 55 % pour la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, et 21 à 24 % pour Laurent Fabius, qui passerait devant Dominique Strauss-Kahn (21 à 23 %).
RÉSULTAT DANS LA NUIT DE JEUDI À VENDREDI
De son côté, Laurent Fabius a déjà commencé à émettre des doutes sur la validité du vote, en particulier sur la question des listes électorales de la région de l'Hérault. "Je demande qu'après le beau débat que nous avons eu, il ne soit pas entaché par des pratiques qui ne seraient pas à la hauteur du Parti socialiste", a indiqué l'ancien premier ministre sur France 2, mardi soir.
Chaque candidat participera mercredi soir à un meeting de fin de campagne : au Petit-Quevilly (Seine-Maritime) pour Laurent Fabius, à Montpellier pour Dominique Strauss-Kahn, et à Nantes pour Ségolène Royal. Le résultat du premier tour ne devrait lui intervenir que dans la nuit de jeudi à vendredi.
Laurent Fabius juge Ségolène Royal "déroutante", DSK "archaïque" |
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13 novembre 2006
Laurent Fabius est l’invité de Jean-Michel Aphatie.
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Jean Michel Aphatie : Bonjour Laurent Fabius.
Laurent Fabius : Bonjour.
Le baromètre du Grand Jury nous le montre : Nicolas Sarkozy peut occuper le terrain, le débat des Socialistes intéresser l’Opinion, Jean Marie Le Pen monte, monte, monte ; et on est à un peu plus de 5 mois du premier tour de l’élection présidentielle. Quel est votre commentaire, Laurent Fabius ?
Oui, ce qui me préoccupe, moi, surtout c’est la montée de Monsieur Le Pen. C’est ça qui est le plus inquiétant et j’ai hâte que nous entrions vraiment en campagne, je veux dire la vraie campagne, pas la campagne entre Socialistes, mais la campagne par rapport à la Droite et l’Extrême Droite, parce qu’il faut contrer cela. Permettez moi de faire 2 remarques sur les sondages.
2 remarques générales, pas sur ce sondage-là ?
D’abord, je voudrai remarquer -ce qui est absolument fondamental- qu’on utilise les sondages pour faire pression, si je puis dire sur les décisions des militants socialistes alors que -c’est ce que je vais dire- jamais aucun sondage, je dis bien : aucun sondage, n’a été fait auprès des militants socialistes, c’est-à-dire auprès de ceux qui vont voter.
Ca n’est pas possible mais on a toujours dit que c’étaient les sympathisants socialistes, par exemple.
Ca n’a absolument rien à voir.
C’est une indication tout de même.
Ca n’a absolument rien à voir.
Ca n’a aucune valeur, d’après vous ?
Ca n’a rien à voir. Les militants socialistes, c’est 200.000 personnes, à peu près, et il n’y a eu aucune étude d’opinions sur ce qu’ils pensent. Et donc, tout le barouf qu’on fait depuis deux ou trois mois, je crois qu’il y a eu 30 sondages pour expliquer que nécessairement ce serait Mme X, M. Y, etc ... qui vont gagner ... Il faut, il faut prendre en considération ceux qui vont voter, pas les autres. C’est la première remarque qui est tellement simple que je m’étonne qu’on ne la fasse pas.
La 2ème remarque, c’est la suivante. On dit dans le sondage dont vous avez fait état que Ségolène Royal est à un certain niveau, Dominique Strauss Kahn à un autre niveau, Laurent Fabius à un autre niveau, etc ... En fait, c’est pas du tout comme ça que ça va se passer et je me fonde sur ce qui s’est passé avec Lionel Jospin en 95 et avec François Mitterrand en 1980. A partir du moment où le candidat socialiste va être désigné, il devient de facto le candidat de toute la Gauche et il part avec le même potentiel de voix. Lorsque François Mitterrand a été désigné, il était -passez moi cette expression- dans les choux par rapport à Rocard. Il a pris 30 points. Lorsque Jospin a été désigné contre Emmanuelli, il était à un niveau très, très faible dans les sondages. Il a pris plus de 30 points. Et donc, la question n’est pas de savoir qui serait en tête. Tout le monde, dans cette hypothèse, part avec le même nombre de voix. La question est de savoir : qui va être capable de tenir la campagne contre Sarkozy et contre Le Pen et de faire fructifier ce capital et de l’augmenter. C’est la seule question.
Alors voilà. Là, on a tout dit sur les sondages. On va revenir aux débats des Socialistes. Ségolène Royal au Grand Jury, hier, a expliqué que le contenu de la vidéo , l’avoir diffusée comme ça, était scandaleux et qu’elle trouvait pour sa part que les enseignants travaillaient suffisamment et qu’il n’y avait pas de procès à leur faire. Pour vous, Laurent Fabius, le procès est clos sur ce sujet ? Ou l’incident est clos, pardon, sur ce sujet ?
La méthode n’est certainement pas bonne et même détestable de faire passer une vidéo dans je ne sais pas quelle condition. Mais il y a la question de fond qui n’est pas simplement d’ailleurs avec cette histoire de : Il faut que les professeurs restent 35 heures. Les professeurs travaillent déjà beaucoup, donc je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui a été dit là-dessus.
Les auditeurs, vous l’avez entendu, ne sont pas tous convaincus que les professeurs travaillent beaucoup ?
Bien sûr, j’ai entendu une bonne voix de Droite s’exprimer, là j’ai bien reconnu ...
Y’a que des voix de Droite qui disent ça, d’après vous ?
Non, y’a pas que des voix de Droite, y’a de la démagogie aussi parfois. Mais, allons sur le fond, y’a toute une série de propositions qu’a faites Ségolène sur l’Ecole dont aucune, absolument aucune, ne se retrouvent dans les propositions socialistes et avec lesquelles moi, je suis complètement en désaccord.
Lorsqu’elle nous dit : il faut ça, c’était il y a quelques semaines, que désormais il y ait une espèce de vigile au fond de la classe pour s’occuper de la discipline cependant que le professeur fera la classe. Non, pas d’accord.
Lorsqu’elle dit qu’il faut remettre en cause -elle avait dit même : supprimer la carte scolaire- : Non, nous ne sommes pas d’accord.
Lorsqu’elle dit qu’il faut que ce soient les directeurs d’école qui recrutent les enseignants comme sur un marché, ça existe aux Etats Unis mais pas en France : nous ne sommes pas d’accord.
Lorsqu’elle dit qu’il faudrait que les enseignants qui ne travaillent pas assez, soient à 35 heures dans l’établissement : Nous ne sommes pas d’accord.
Lorsque Strauss Kahn dit, lui : il faut dynamiter l’université. Toutes ces questions ont été étudiées par nous ; et nous les avons refusées. Donc ...
Qui c’est : NOUS ? C’est-à-dire ?
L’ensemble des responsables socialistes dans notre Projet. Et donc je dis tout simplement (je prends cet exemple de l’Ecole parce que c’est un des plus commentées) mais que ce serait quand même complètement extraordinaire que les militants socialistes désignent pour candidat quelqu’un qui sur cette question fondamentale de l’Ecole, prend des positions qui étaient examinées par les mêmes Socialistes et qui ont été récusées. Pour moi, l’Ecole c’est fondamental. Mais l’Ecole ne doit pas être marchandisée. Elle ne doit pas être privatisée. Elle doit être renforcée. Ca doit être notre premier Budget, notre premier Projet et notre premier Sujet. Et je souhaiterais que les militants socialistes se prononcent aussi là-dessus.
On constate une panne de croissance en France, au 3ème trimestre ...
Malheureusement ! Oui.
... trop de charges, disaient les Industriels, alors, vous, vous proposez, si jamais vous êtes élu Président de la république, d’augmenter le SMIC, de généraliser les 35 heures ... Vous ne serez pas le candidat des Chefs d’entreprise, Laurent Fabius !
Peut-être pas. L’esssentiel c’est que je puisse avec eux et avec les salariés faire repartir l’économie française. Là encore, c’est pas simplement Laurent Fabius. Nous avons discuté de tout cela et nous avons décidé, deux ou trois grandes séries de mesures : d’abord, une augmentation du SMIC effectivement parce que d’un point de vue social, les salaires sont très bas en France, enfin les bas salaires ; et d’un point de vue économique, faut relancer la consommation. Evidemment, l’objection vient tout de suite à l’esprit : mais les petites entreprises comment font-elles ? C’est la raison pour laquelle nous avons proposé, j’ai proposé, qu’il y ait un allègement de charges correspondant. Donc, à la fois, davantage pour les bas salaires. Une conférence salariale permettant de voir la répartitation sur les autres salaires et des allègements de charges : ça c’est du côté des salariés. Du côté des entreprises, il paraît absolument évident qu’il faut remuscler la Recherche, l’Innovation, l’Investissement ; changer le mode de calcul des cotisations sociales qui pénalisent les entreprises et il faut donc marcher sur les deux pieds : à la fois sur le pied-de-consommation et sur le pied-entreprise et investissements. C’est en avançant sur ses deux jambes qu’on peut avancer.
Mais aujourd’hui, les entreprises françaises ont un problème de compétitivité. Ce n’est pas la Recherche qui résoudra le problème ?
Ah si, si, si, si.
Pas ce problème là. Si ?
Mais bien sûr que oui.
Davantage de gens dans la Recherche, ça résoudra les problèmes de compétitivité dans les entreprises françaises ?
Mais évidemment. L’innovation, la Formation, la Recherche c’est la clef pour le dynamisme de l’Economie. Regardez ce qui se passe aux Etats Unis. Regardez ce qui se passe dans les pays qui avancent. Non, non, c’est tout à fait la clef. Il faut marcher sur la jambe consommation et sur la jambe dynamisme des entreprises.
On vous sent dynamique en cette fin de campagne. C’est dommage que ça soit fini ?
Mais ça n’est que le premier tour. Il y aura le 2ème tour, et ensuite la campagne contre Sarkozy.
Allez, Jeudi soir, on a la réponse. Laurent Fabius était l’invité d’RTL

lundi 13 novembre 2006, mis à jour à 11:53
Laurent Fabius a rejeté "toute une série de propositions" de Ségolène Royal sur l'Education nationale, quelques jours après la diffusion des propos de la présidente de Poitou-Charentes sur le temps de travail des enseignants dans les collèges
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"La méthode n'est certainement pas bonne et même détestable mais il y a la question de fond (...) toute une série de propositions que Ségolène (Royal) a faites sur l'école dont aucune ne se retrouve dans les propositions socialistes et avec lesquelles je suis complètement en désaccord", a déclaré le présidentiable socialiste sur RTL. "Ce serait quand même complètement extraordinaire que les militants socialistes désignent pour candidat quelqu'un qui, sur cette question fondamentale de l'école, prend des positions qui ont été examinées par les mêmes socialistes et qui ont été récusées" dans le projet présidentiel du PS, a-t-il ajouté. "L'école ne doit pas être privatisée" "Cela existe aux Etats-Unis mais pas en France. Nous ne sommes pas d'accord", a-t-il insisté, attaquant également les positions de Dominique Strauss-Kahn lorsqu'il dit qu'il faut "dynamiter les universités". "Pour moi, l'école c'est fondamental mais l'école ne doit pas être marchandisée ni privatisée. Elle doit être renforcée. Cela doit être notre premier budget, notre premier projet, notre premier sujet", a estimé Laurent Fabius. Dans un extrait de vidéo diffusé la semaine dernière sur le net, Ségolène Royal suggère que les enseignants passent 35 heures effectives dans leurs collèges afin d'effectuer du soutien scolaire gratuit plutôt que dans des cours privés payants. Les militants socialistes doivent départager "DSK", Laurent Fabius et Ségolène Royal lors d'un vote dont le premier tour est programmé jeudi. Un deuxième tour éventuel est possible le 23 novembre. | ||
Venez rencontrer
Laurent FABIUS
à Marseille
(Agora des Docks,
à la Joliette)
lundi 13 novembre
à 19 h 15
(Entretien paru dans le mensuel TOC n°24, novembre 2006)
Montebourg et Peillon, cadres historiques du Nouveau parti socialiste, ont rallié Ségolène Royal. Une stratégie fustigée par le plus jeune parlementaire PS, autre fondateur du courant prônant la rupture avec les institutions de la Ve République. Benoît Hamon soutient la candidature de Laurent Fabius.
Le Parti socialiste est-il en train de se recomposer ?
L'instabilité des courants est le produit des institutions de la Ve République. Mon courant a fait du rapport aux institutions de la Ve une des clés de compréhension de la crise de la démocratie française, et il dénonce depuis cinq ans la personnalisation du débat politique. Le NPS, qui produit des analyses, explose au moment de la désignation des candidats ! Tous ses leaders historiques, sauf moi, ont fait le choix d'une candidate qui propose la perpétuation du système, la démocratie participative en plus. Mais elle ne propose pas de rupture avec les institutions de la Ve.
Mais ce ne sont pourtant pas les institutions qui font exploser les courants.
Non, bien sûr. N'empêche que ce qui est frappant, c'est de voir à quel point les courants sont fragiles sur le socle politique et culturel qu'ils sont censés représenter.
Les courants n'incarnent pas, comme ils le faisaient historiquement, une pensée forte, alors même qu'ils la revendiquent....
Ils le prétendent, mais regardez le NPS : sur quelle base aujourd'hui se fondent Vincent Peillon et Arnaud Montebourg pour rejoindre Ségolène Royal ? Sur la base du renouvellement, de la rénovation. C'est-à-dire sur le plus petit dénominateur commun qui a été notre patrimoine politique et idéologique depuis cinq ans. Nous avons développé une analyse sur le rapport capital-travail, sur la question de la démocratie et des institutions. Et ce sur quoi aujourd'hui Arnaud et Vincent se positionnent, c'est sur le renouvellement du personnel politique, et pas du tout sur le renouvellement des analyses. Quand on écoute Ségolène Royal, il n'y a pas de renouvellement profond des analyses. Le vieux PS est mort et le nouveau va naître après l'élection de Ségolène Royal. C'est le pari qu'ils font.
Au lendemain de la présidentielle, si la gauche n'arrive pas à sortir un président, y aura-t-il un renouvellement du parti ?
Le problème ne vient pas tant des gens. Il faut voir sur quelles bases on fonde la prise de pouvoir au Parti socialiste. Pourquoi ceux qui ont perdu le 21 avril 2002 conservent-ils le pouvoir ? C'est à cause d'un fonctionnement monolithique du PS autour de quelques grosses fédérations.
Les clés du renouvellement sont toujours à peu près les mêmes. Peu importe les nouveaux adhérents. Ils viennent, c'est plutôt une bonne chose, mais l'équation est toujours à peu près la même. Ce que je constate depuis quatre ou cinq ans, c'est l'affaiblissement du centre du parti et le renforcement de sa périphérie, avec les fédérations et les baronnies.
Après les révoltes dans les quartiers dits difficiles, le CPE et le mouvement des stagiaires, on sent qu'une génération est en train de prendre les choses en mains. Les aînés ont-ils pris cette donnée en compte ? Je pensais que ce serait un thème de campagne...
Sans doute, mais il faudrait déjà arrêter de penser qu'il y a deux jeunesses. Je vois bien que ça va être un thème de campagne. Mais on va prendre la jeunesse sous l'angle des délinquants de banlieue qui tapent les flics. Si c'est l'angle à partir duquel on entre sur la question de la jeunesse, c'est-à-dire du potentiel délinquant de chaque jeune, comme ça a été le cas à la dernière élection présidentielle, eh bien, on a perdu l'élection. Ce qui me fascine, comme un sujet d'étude, c'est la façon dont la gauche, aujourd'hui, acquiesce parfois à la façon dont la droite plante le décor. La droite, les médias, toutes les forces de la conservation plantent un décor dans lequel le principal problème de la société française est : comment composer avec des générations de barbares qui sont aujourd'hui en train de foutre à feu et à sang la société ? C'est ce qu'ils disent, ce n'est pas ce que je pense. Évidemment, il y a des problèmes considérables, mais on ne peut pas, nous, ne pas aborder cette question. À côté des réponses de sécurité, il y a la question éducative qui est prioritaire, la question sociale qui est centrale, la capacité qu'on a aujourd'hui à dire qu'on va permettre aux gens de trouver leur place dans la société. Or, qu'est-ce que l'on retient aujourd'hui ? C'est la réponse sécuritaire.
Pour conclure, si vous pouviez donner les trois thèmes d'une campagne de gauche?
D'abord, la place de l'homme dans notre société, est-ce que ça me donne du pouvoir ou pas ? Comment, aujourd'hui, faire en sorte que dans la démocratie française, où que l'on soit, la parole soit prise en compte, au cours du vote en particulier. Je ne vois pas pourquoi la VIe République ne serait pas une question centrale du débat. Pourquoi pas maintenant, plutôt qu'après ?
Il y a aussi la question du travail. Chacun d'entre nous passe la moitié de sa vie à travailler, c'est donc la question des salaires qui se pose. Et puis, enfin, la question de l'éducation.
Propos recueillis par Arnauld Champremier-Trigano